Comme si elle pouvait s'envoler. Comme si elle pouvait partir comme ça. Comme si elle pouvait s'enfuir.
C'est mon truc à moi. C'est mon truc à moi. C'est mon truc à moi. J'ai souvent pensé à une bouteille en plastique dans ces moments là. Ceux qu'on écrase pour qu'elles prennent moins de place dans la Poubelle. C'est pour cela, qu'un jour, je le sais, certains l'imaginent, d'autres ne le conçoivent guère, je le ferai. Il y en a qui savent de quoi je parle, et encore d'autres qui n'y ont pas pensé. Je ne préviendrai pas. D'avance, excusez moi pour le tort que je vais causer. J'aurai pas voulu tout ça. Je n'aurai pensé qu'à moi.
Pousser cette porte. Celle dont la poignée est si fragile. Celle dont la couleur peine à se montrer. Celle où la poussière dormait en paix. Je la réveille, je la bouscule d'un souffle fort. C'est un flot, une mêlée, une valse de particules qui s'envole, et qui me laisse sa place. Et derrière ce voile qui me séparait de l'autre côté, il y a cette rue sombre, que les vieux lampadaires aux bruissements effrayants, éclairent d'une lumière d'un jaune à se confondre avec la Lune. Dans cette ligne étrangement droite, un homme assis par terre, sur le trottoir de la pitié. Complètement ivre, il crie la bêtise humaine. Il venait surement de ce bar que l'on voit au loin. D'autres hommes comme lui sont plantés là, debout, épaulés l'un à l'autre. Ils chantent tous à l'amour, à moins que ce ne soit à la mort. Mais il n'est entre eux, qu'un léger fil de soie. Et il dansent, dans ce bar du port. Ils dansent jusqu'à l'aurore. Et je continue de les regarder au loin. Ils ne demandent juste qu'elles leurs accordent l'amour, une dernière fois. Ils sont fous, fous d'elles, mais ils les laisseraient partir, dès le lever du jour.
Si vous vouliez l'univers, moi je n'avais que moi. Comme un nuage qui recherche son ciel. Une envie de fuir ceux qui sont en laisse. Ceux qui se lient les mains, pensant qu'à deux ils feront une meilleure route.